Alimentation du cheval : les 7 règles fondamentales
Le cheval est conçu pour manger de l'herbe 15 heures par jour, en marchant. Tout son système digestif (petit estomac, gros intestin fermenteur) découle de ça. Les 7 règles ci-dessous ne sont que des conséquences de cette anatomie : les suivre évite l'essentiel des coliques, ulcères et fourbures d'origine alimentaire.
Règles 1 à 4 : la structure de la ration
- Fourrage d'abord, toujours : au moins 1 % du poids vif, idéalement 1,5-2 % (les quantités de foin). C'est le socle, le reste est de l'appoint ;
- Concentrés seulement si nécessaire : un besoin réel (travail soutenu, état, gestation), fractionné en repas de 2 kg MAXIMUM. Au-delà, l'amidon déborde de l'estomac vers le gros intestin et déséquilibre la flore (calculer le bon dosage) ;
- Des repas fractionnés et des horaires réguliers : le cheval est une horloge. Les écarts d'horaires stressent, et le stress se paie en ulcères ;
- Fourrage AVANT concentrés quand les deux se suivent : le tapis de fibres ralentit l'amidon et protège l'estomac.
Règles 5 à 7 : les transitions, l'eau, le sel
- Toute transition sur 7 à 10 jours : nouveau foin, nouvel aliment, mise à l'herbe (le cas critique du printemps). La flore du gros intestin met des jours à s'adapter, et sa mort massive s'appelle une colique ou une fourbure ;
- Eau propre à volonté : 20 à 40 L/jour, davantage en chaleur et sur foin sec. Un abreuvoir gelé ou sale en hiver est une machine à coliques d'impaction ;
- Du sel en libre-service (pierre à sel nature) : le seul « complément » universellement justifié, avec un CMV (complément minéral vitaminé) quand la ration est foin seul. Le reste des pots se justifie au cas par cas, pas au rayon.
Adapter au cheval réel, et vérifier
Ces règles posent le cadre ; le réglage fin se fait sur l'animal : poids et note d'état chaque mois, qualité du poil, énergie au travail, crottins. Les profils particuliers (poulain, jument gestante, senior aux dents usées, cheval SME/Cushing) se construisent avec le vétérinaire. Et les changements se notent : une ration qui évolue sans trace rend illisible le « depuis quand a-t-il maigri ? » de la visite suivante. Le carnet d'Étrier garde ration, cures et courbe de poids au même endroit.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure alimentation pour un cheval de loisir ?
Dans l'immense majorité des cas : un bon foin à volonté (ou une vraie pâture), une pierre à sel, un CMV pour les oligo-éléments, de l'eau propre, et rien d'autre. Le travail de 3-4 séances légères par semaine ne justifie pas de céréales chez un cheval en état.
Pourquoi le pain, la tonte de pelouse et les pommes en masse sont-ils dangereux ?
Le pain fermente et colle (bouchon), l'herbe tondue fermente en tas à vitesse explosive (colique gazeuse gravissime), et les fruits en quantité apportent un pic de sucres. La carotte à l'unité est un plaisir ; le seau de « restes », un poison. À afficher à l'entrée du pré pour les promeneurs bien intentionnés.
Faut-il donner à manger avant ou après le travail ?
Le fourrage : pas de restriction, un estomac tapissé de fibres est même une protection anti-ulcères pendant l'effort. Les concentrés : pas dans les 2-3 heures précédant un travail intense, et après l'effort seulement une fois le cheval revenu au calme et réhydraté.
Ces informations sont des repères de vulgarisation, pas un avis vétérinaire : au moindre doute sur la santé de ton cheval, appelle ton vétérinaire. Prix mentionnés : fourchettes indicatives constatées en France, variables selon les régions et les situations.